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CODE GAZIER: La loi passe, l’opposition dénonce, la majorité soutient Makhtar Cissé.

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La Représentation nationale a examiné hier le projet de loi N°16/2019 portant Code gazier. Une séance plénière de trois (3) tours d’horloge, avec une vingtaine d’intervenants. Les interpellations des députés ont porté essentiellement sur la pertinence dudit projet de loi, l’ambiguïté de l’article 5, mais aussi sur la nécessité de former les jeunes Sénégalais dans ce domaine. Certains d’entre eux ont aussi invité le gouvernement à réfléchir sur les mesures d’accompagnement et les impacts de l’exploitation du gaz. Le projet de loi a été voté à la majorité.

Le Sénégal a son nouveau Code gazier. Il a été adopté hier par les députés. Même si certains parlementaires de l’opposition ont sollicité le renvoi de l’examen du projet de loi, il a été validé par la majorité. Lors des discussions, il est ressorti la question de sécurité, la nécessité de clarifier l’article 5, mais aussi les craintes des conséquences néfastes des nombreux pouvoirs attribués au ministre pour la gestion du gaz. Serigne Mansour Sy Djamil attire l’attention des autorités sur la question sécuritaire par rapport à l’exploitation de ces ressources naturelles. Évoquant les éventuels conflits d’intérêts entre les pays gaziers, Serigne Mansour Sy Djamil estime que la Russie, qui a toujours alimenté l’Europe en gaz, ne va jamais accepter que ses clients se libèrent pour faire main basse sur le gaz sénégalais. Et le Qatar, premier producteur de gaz du monde entier avec qui nous partageons la communauté islamique, quels seront nos rapports suite à notre émergence dans ce domaine ?

Abdou Mbacké Bara Dolli : «il faut permettre aux députés de s’imprégner davantage de ces questions, cela leur éviterait de valider n’importe quelle sottise»

Convaincu de l’importance de ce projet de loi, Serigne Abdou Mbacké Bara Dolli pense qu’il est impératif de recueillir l’avis de tout le monde. «Vous avez organisé un séminaire de deux jours sur la question, en sélectionnant vos partisans, alors que le sujet concerne tout le monde. C’était visiblement pas productif, puisque aucun des participants ne peut nous dire réellement ce dont il était question», fulmine Abdou Mbacké. Pour ce dernier, il est nécessaire de permettre aux députés de s’imprégner de chaque sujet avant l’examen des projets de loi ; cela leur éviterait à l’avenir de valider n’importe quelle sottise.

Alioune Souaré : «les pouvoirs dévolus au ministre sont exagérés…»

Pour M. Souaré, l’article 5 du projet de loi portant Code gazier devrait être revu, parce qu’il prête à équivoque et il faudrait surtout éviter ces genres de choses dans la gestion des ressources naturelles. Le remplaçant de Modou Diagne Fada met sur la table l’article 4 qui traite les pouvoirs dévolus au ministre en charge des Énergies. «Les pouvoirs du ministre sur la question de l’exploitation du gaz sont exagérés.  L’exemple de certains pays de la sous-région avec les nombreux problèmes pour la signature des contrats en est une parfaite illustration. Cela entraine très souvent des problèmes de pots de vin», prévient Alioune Souaré, qui propose que la Commission de régulation soit un organe de validation avant que le ministre appose sa signature.

Cheikh Mbacké Dolli : «Nous avons tous les droits de douter de vous»

Embouchant la même trompette, le président du groupe parlementaire Liberté et Démocratie a déploré les pouvoirs démesurés du ministre. Après avoir introduit une motion préjudicielle pour demander l’arrêt des débats, motion rejetée par la majorité, Cheikh Mbacké Bara Dolli a attaqué le texte en tant que tel. Pour lui, le projet de loi a été conçu dans la précipitation. Emettant des doutes sur la loyauté de Mouhamadou Makhtar Cissé, Serigne Cheikh Mbacké affirme : «il est difficile de voir quelqu’un être le Directeur de cabinet d’un président et celui de son successeur. Nous avons tous les droits de douter de vous. Votre prestation dans le secteur de l’électricité en est une preuve. Vous disiez à qui veut l’entendre que la Senelec se portait à merveille en 2016 avec 30 milliards de bénéfice. Vous prédisiez même une vente d’électricité à nos pays frontaliers en 2020. Au lieu d’une stabilité dans ce secteur, nous nous retrouvons avec une hausse du prix de l’électricité», signifie Cheikh Mbacké Dolli.

Abdoulaye Baldé : «ce projet de loi est mieux fait que tous les précédents»

Le président de la Commission de l’énergie et des ressources minérales a balayé d’un revers de main toutes les accusations portées à l’encontre de la commission qu’il dirige. Selon le maire de Ziguinchor, ce projet de loi est le meilleur de tous les précédents. «La  société civile l’a certifié, aucun des précédents n’a été aussi bien fait que celui-ci. Nous avons adopté une démarche inclusive et participative, la preuve, nous avons élargi le séminaire à tous les parlementaires avec 45 participants».

 

Mamadou Lamine Diallo : «ce projet de loi, c’est pour introduire vos parrains européens dans le business»

Comme à son habitude, le leader de Tekki s’en est pris au gouvernement. Pour Mamadou Lamine Diallo, il n’y a aucune pertinence dans ce projet de loi puisque rien n’a changé. Pour ce dernier, le principal souci avec ce régime, c’est qu’il n’a pas de politique gazière. «Même Senghor a fait mieux que vous. Il faut élaborer une politique gazière digne de ce nom, en discuter avec les populations avant de nous proposer un projet de loi», déclare-t-il. A en croire le leader de Tekki, ce projet, c’est juste une façon pour le régime d’introduire leurs copains et parrains européens dans le business du gaz. Narguant le ministre du Pétrole et des Énergies, Mamadou Lamine Diallo lance : «il paraît qu’il y a un ministre de nationalité britannique, j’espère que ce n’est pas Macky Sall».

Aida Mbodji : «le vous connais et je peux attester de votre bonne foi»

Saluant ce Code gazier, Aida Mbodji précise que bien qu’elle soit de l’opposition, elle mettra toujours les intérêts du Sénégal avant ceux de n’importe qui. «A chaque fois que je fais face à un ministre, je me mets à sa place, parce qu’ayant été ministre comme eux. Je crois à la bonne foi de tous ceux qui disent se battre pour le Sénégal. Je vous connais et je peux attester de votre bonne foi», dit-elle. Pour l’ancien maire de Bambey, tous les projets de ce code sont à saluer, mais la participation du secteur étranger l’inquiète, parce que même sous la supervision d’un régulateur, cela ne rassure pas. «Ce gaz est le nôtre, il faudrait doter davantage de privilèges les collectivités. Il faut bannir la responsabilité sociétale, elle est obsolète, on doit maintenant penser en termes de partenariat pour éradiquer la pauvreté», indique-t-elle.




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